On ne parlera plus jamais à dieu

On ne parlera plus jamais à dieu
Elle se leva, repoussant ses draps encore tièdes, elle s'approcha de sa fenêtre. Pendant un instant, elle avait gardé son front appuyé contre les carreaux froids, observant le paysage étincelant à travers la buée qui s'était formée sur la vitre. Puis, brusquement, elle ouvrit la fenêtre, respirant l'air délicieux d'une nuit hivernale. Les flocons tombaient d'un ciel d'encre; légers et cotonneux. Tendant les mains devant elle, elle en recueillit quelques uns qui vinrent se déposer au creux de sa paume. Elle inspira une nouvelle bouffée d'air puis laissant retomber ses bras le long de son corps, serra les poings, si fort que ses ongles semblèrent entamer sa peau, lentement, un mélange de neige fondue et de sang alla couler à ses pieds.
Elle sauta.
Elle ne calcula pas le temps exact qu'elle passa, allongée dans la neige, les yeux perdus dans les tourbillons de flocons scintillants qui peu à peu recouvraient son corps. Elle ne bougeait pas, pas même un frisson n'alla secouer son corps immobile. Elle ne savait pas, mais ne voulait plus savoir. Auparavant, elle se serait demandé, si quelqu'un un jour aurait pu venir la chercher, peut être l'aurait elle-même espéré, ou bien redouté. Mais à présent, cela ne la regardait plus, ce qui lui arrivait n'était plus son affaire. Non. La seule chose qui lui importait était de dévorer. Dévorer la vie, se remplir de lumières, de sensations, de gouts, d'odeurs, de bruits. Elle ne voulait plus s'en mêler, tout ce qu'elle souhaitait était de tomber avec le soleil.

# Postato lunedì 14 dicembre 2009 15:52

Modificato sabato 19 dicembre 2009 15:52

Je l'ai perdu dans la lumière.

Je l'ai perdu dans la lumière.
Et puis, comme je l'ai toujours su, tout avait fini par déborder. Tout dégoulinait le long de ces murs qui se rapprochaient inévitablement de moi, ils m'emprisonnaient. Je n'avais pas tout compris, le temps semblait accélérer la chute.

Mais pourquoi à l'intérieur ? Une hémorragie interne ? Peut être bien.

Mais aussi étrange que cela puisse paraître, les murs n'étaient même pas fissurés, ils étaient sales, jaunâtres et humides, le papier peint se déchirait, et pourtant de l'extérieur, sans être vraiment beau, ce bâtiment n'avait rien d'effroyable, il était banal, un peu froid, lointain peut être mais insignifiant. Et c'était bien comme ça.

Oh-OH ... Les lapins, tous ces lapins, ils cherchent une lumière, et qu'importe si la petite fille vomis ;
un jour tôt où tard, les lapins trouveront la flamme, la petite fille s'éteindra. Et tous, tous ils se seront brûlés sans qu'aucune lumière n'ai percé leurs yeux avides. Alors, ils continueront leurs chemins dans le noir, laissant la petite fille dans le caniveau, et puis, ils recommenceront. Encore.

# Postato martedì 01 dicembre 2009 16:08

La vérité c'est qu'elle avait déjà vu bien des soleils se lever.

La vérité c’est qu’elle avait déjà vu bien des soleils se lever.
Alors elle vit, là dans le miroir ce visage hideux, repoussant, les traits déformés par l'atroce grimace du chagrin, des larmes grisâtres traçaient leurs chemins sinueux sur sa joue blafarde. Ses yeux brillaient, comme une flamme mourante, ses yeux brûlaient. Voilà ce que la vie avait fait d'elle, un monstre de tristesse et de désespoir, un spectre blême perdu au milieu d'un
monde sans valeur. De sa coquille fissurée, s'échappaient doucement ses rêves tandis que sans même qu'elle ne s'en rende compte, les coups s'étaient multipliés sur ce qui restait de celle-ci, entamant sa chair flasque et glaciale. Ce jour là, elle se vit, et soudain elle sentit toutes ces plaies qui assombrissaient son âme ; elle voulut tomber, elle voulait renaître. Elle se haïssait au plus haut point. Mais que restait-il de ses convictions ? Consumées dans les flammes rugissantes et pourtant si négligeables de sa pitoyable existence.

Que restait-il de tout cela maintenant qu'ils avaient tout détruit ?
Maintenant qu'ils l'avaient détruit ?
...
Qu'elle avait tout détruit ?

Et si après tout elle n'était aucune d'entre elles ?
Elle avait laissé son âme au bord du chemin, à présent, elle volait, elle essayait de croire.
Mais doucement elle rêvait de tempête, d'orage, d'explosion et d'un magma ardent qui irait couler le long de son visage, rongeant ses chairs immondes qu'elle ne pouvait elle-même arracher. Elle aussi était sale, elle était vile, abjecte, comme tout les autres.



# Postato venerdì 20 novembre 2009 15:04

"Elle dit que tout l'emmerde, que les gens sont méchants, qu 'elle a plus rien à perdre, qu'elle est toute vide dedans, qu'elle voudrait bien, le soir,sans déranger son monde, crever toute seule dans l'ombre, pour sortir du brouillard."

"Elle dit que tout l'emmerde, que les gens sont méchants, qu ‘elle a plus rien à perdre, qu'elle est toute vide dedans, qu'elle voudrait bien, le soir,sans déranger son monde, crever toute seule dans l'ombre, pour sortir du brouillard."
S.S.P.D

La seule issue ?...

Efface toi, Arrache cette peau, Crache ton venin et vomis tes regrets. Tu crois que la nuit te sauvera ? Sa carapace, qui tout au long de sa vie s'était fissurée, avait bien finit par exploser. Elle est seule au bord de la falaise, perdue dans le chaos de son esprit torturé. Au loin, elle voit une personne, elle est fragile, elle l'aime, peut être est ce la seule. Alors elle attendra. Tu les entends hurler dans ton cerveau ? Ils cognent, ils tentent de s'échapper. Déchire, lacère, et ouvre, ouvre leurs là portes, et fait s'envoler les peines et les rancoeurs. Une corde, une falaise... n'importe quoi.

"Portée disparue ce matin, Une fleur de sang. A la main "

# Postato martedì 10 novembre 2009 18:28

Modificato martedì 01 dicembre 2009 16:20

Sanguis minimus Corpus animus Sanguis minimus Corpus animus Sanguis minimus...

Alors, ça y est ? Tout peut commencer ?
Bien,
Alors tu feras des choses, des choses parfois étranges, d'une apparence parfaitement insignifiante. Mais tu sais que tu ne peux plus leurs échapper, déjà tôt elles étaient là. Et tu les cultive, tu les nourris, entretiens leurs noirceur. Alice se meurt... Et si nous allions danser mon c½ur ? Toutes les deux, un pied dans la vase, l'autre dans la tombe, on cherchera les limites de ce monde ; on les franchira, nos âmes enfin réunies. Car il est temps. Tu sens ces liens qui se brisent. Est-ce que tu les entends qui chantent là bas ? Ils t'appellent.
Mais à quoi t'attendais-tu avant ce timide regard lancé vers ta fenêtre ? Croyais tu que la brume serait là pour t'accueillir ? Jusqu'à présent elle t'avait accompagnée, mais maintenant c'est à toi d'aller la trouver, tu seras celle qui vomit la brume, il faudra créer tes propres cauchemars, et tu vivras.

# Postato venerdì 06 novembre 2009 15:52

Au plus profond

Au plus profond
Tu avais juste oublié de te rendormir.

Et puis, son corps se balance, lentement. Éclipse de corps, la lumière entre.

Elle allait seule, cela faisait longtemps qu'elle n'était pas venue ici. Déjà, le lierre avait rampé, la pierre ne serait bientôt plus visible. Il n'y avait plus rien ici, plus rien, les feuilles avaient déserté les arbres désormais sombres et noueux, le vent lui-même semblait s'en être allé de la plaine. Elle posa ses yeux loin du marbre là ou derrière la brume, on pouvait deviner un soleil d'hiver. Elle n'osa plus bouger, ni même respirer, ses mains s'agrippant désespérément au bouquet de roses blanches dont les épines transperçaient sa peau terne et blafarde sans même qu'elle ne s'en rende compte. Une goutte sombre tomba, lentement, pour atteindre le sol de terre battue qui la bu bien vite. C'était un son agréable, doux, froid ; il y en eu d'autres. Mais elle ne pouvait se résoudra à avancer d'un pas, ni même à regarder ce froid morceau de pierre. Mais à quoi bon ? Combien de fois devrait-elle encore mourir ?
Il y eu ce grincement, le portail s'ouvrit derrière elle. Elle lâcha le bouquet dont les délicates fleurs blanches allèrent se tacher d'une boue gluante, et sans un regard pour la tombe, elle se retourna. Il y avait sur son visage une expression douloureuse ;, des yeux qui demandaient pourquoi ; elle n'était pas vraiment surprise, si il devait prendre, qu'il prenne. Ses yeux étaient vides et froids, et ce ne fut pas la lame qui perfora son ventre qui les changea.

Elle fût trainée jusqu'à l'orée du bois, ses yeux pâles fixant le ciel comme toujours ils l'avaient fait, et puis, son corps se balançait, lentement. Éclipse de corps, la lumière entre.

# Postato giovedì 05 novembre 2009 15:38

Modificato venerdì 06 novembre 2009 14:23

Je serais un monstre

Je serais un monstre

La vérité c'est qu'un ciel de cristal, d'un exquis mélange de couleurs et de lumières, se lèvera toujours, narquois, sur sang et dévastation, sur toute la misère du monde ; sur les vices des hommes et les larmes des enfants.
Ainsi tu regardes vers le ciel, mais vient alors le moment où irrémédiablement, elle te rappelle à elle, alors tu tombes. Et dans la flaque de sang qui s'étend sous ton corps faible et tremblant, le ciel est là. Il te regarde. Placide.
Et le pommier, doit il vraiment résister contre le vent qui le tourmente ? Et s'il se brisait ? S'il se laissait faire ? S'il laissait son écorce se déchiqueter, retomber au sol parmi ses feuilles rouges et pourrissantes, le printemps ne viendrait –il donc pas ? Mais l'espoir d'un renouveau chargé de regret s'oppose à celui d'une mort mérité, d'un accomplissement... Ma raison vacille.

C'était comme un suicide mental, tuer la petite fille en moi, réduire à néant mes idéaux, c'était charger mon avenir de dégout et de regrets insoutenables.

Tu ne t'arrêteras pas avant de m'avoir détruit douce Alice ?

# Postato mercoledì 04 novembre 2009 08:36

Modificato venerdì 06 novembre 2009 14:36

Prends mon corps, prends mes larmes, prends mon âme, prends mon sang, prend moi tout. S'il te plaît.

Prends mon corps, prends mes larmes, prends mon âme, prends mon sang, prend moi tout. S’il te plaît.
Nuit et jour, il sillonnait les égouts de sa démarche désarticulée. Crachant une ou deux sangsue pour se donner une contenance, il essuya d'un revers de main putréfiée la plaie béante qui lui servait de bouche. Il me vit et éclata d'un rire rauque et traînant, au filet de bave jaunâtre qui s'écoulait le long de son menton, Georges semblait heureux de me voir. Je m'approchai de lui, doucement, il s'empara de ma main, la porta à ses lèvres, tendrement, il la saisit entre ses mâchoires, faisant crisser mes os sous ses dents aiguisées.

Je les sentais se réduire en miettes sous les assauts de la puissante mâchoire de Georges. Et tandis qu'avec passion il dévorait mes chairs, je fermais les yeux : à mes oreilles résonnaient les bruits de mastication de mon cher et tendre, rythmés par ceux de mes bagues d'argent qui rebondissaient sur le pavé gluant au fur et à mesure que Georges, violemment, les expulsaient, comme une dent gâtée, hors de sa bouche ruisselante de mon propre sang.

"Quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs ½uvres étaient mauvaises. En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses ½uvres ne lui soient reprochées ; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses ½uvres soient reconnues comme des ½uvres de Dieu."

# Postato mercoledì 04 novembre 2009 08:09

Modificato mercoledì 04 novembre 2009 08:28

Echappées du néant

Echappées du néant
Sa petite main se referma sur les barreaux de bois, elle se releva calmement. La lune projetait une lumière d'argent dans sa petite chambre ; au dehors, un vent léger faisait doucement remuer les arbres, qui projetaient leurs ombres mouvantes sur les murs blafards. Elle semblait les attendre, c'étaient eux qui l'avaient tiré de son sommeil ; les yeux plantés dans les ténèbres du couloir, elle frissonna.
A cet instant, elle n'avait plus 4 ans ; elle ne se doutait pas encore que tout cela l'accompagnerait tout au long de sa vie, ces spectres ne la quitteraient jamais.

Puis enfin, elle les vit. Elle ne le comprit pas tout de suite. Ces images figées, immobiles, flottant jusqu'à elle... Mais lorsque ces dernières ne furent plus qu'à un mètre d'elle ; sa gorge se noua, son c½ur battait à ses oreilles, c'était elle. Elle était là.
Elles étaient là, toutes semblables mais si différentes en leurs essences. Seule face à elle-même, elle appuya ses mains contre ses yeux, tandis qu'un hurlement strident s'échappait de ses lèvres ; la bile lui brûlait la gorge. Elle n'avait sans doute pas fermé les yeux, mais dès les premières lueurs, elles avaient disparues. Non elle n'avait plus 4 ans.

Plus loin dans la brume, elle était seule parmi les ruines.

# Postato giovedì 22 ottobre 2009 14:53

Open up your eyes I can't falling in love, and it kills me inside...

Open up your eyes I can't falling in love, and it kills me inside...
A l'envers, à l'endroit, dans l'ombre ou la lumière. Change le monde. Détermine, comprend, déchiffre ; est ce possible ? Oui non ? Ceci est il à sa place ? Penche la tête, crache des asticots dans le ciel, décroche les étoiles, fais semblant, et puis ne ferme plus les yeux.

Je n'y parviens pas, comment marche-t- il ce c½ur idiot ?

Peu importe, laissons le dans son abris de glace et regardons le monde. Il est beau n'est ce pas ? Dis-moi qu'il est beau. Je t'en prie, ouvres moi les yeux. J'admire toute chose, toute odeur, tout mouvement, chaque son ; l'être qui naît, celui qui meurt. J'aime cette lueur dans son regard, je ne sais pas qui il est qu'importe, j'aime qu'on me donne des terrains de jeux, je l'invente, c'est amusant. Oh non je ne veux pas le connaître ce serait tellement dommage de tout changer.
Joue avec tes doigts, ris, pleure, raconte toi des histoires, chante, souris, râle ; ce serait tellement dommage de t'ennuyer.


Elle est de nouveau ici, elle revient comme chaque automne, elle te guette, mais maintenant tu sais.
Elle marche à tes cotés.

# Postato giovedì 15 ottobre 2009 14:28

Modificato giovedì 15 ottobre 2009 14:52